Ma proposition de résolution visant à instaurer une cérémonie du souvenir dans les collèges et lycées

Vous trouverez ci-dessous la proposition de résolution que je viens de déposer visant à introduire une cérémonie du souvenir dans les programmes scolaires des collèges et lycées sur le modèle de celle qui s’est tenue le 10 novembre 2023 au Lycée Carnot de Cannes.

Cette cérémonie de la mémoire, qui s’était déroulée en présence des représentants de nombreuses associations d’anciens combattants et porte-drapeaux, avait clôturé un travail de mémoire et de recherche historique, deux mois durant, mené par les élèves des classes de seconde et de terminale.

Le devoir de mémoire, tel qu’il avait été présenté lors de cette cérémonie, est une des composantes essentielles du sentiment d’appartenance à la communauté collective et s’il devait être généralisé, permettrait de retisser le lien, aujourd’hui distendu entre la jeune génération et la Nation française.

ASSEMBLEE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

SEIZIEME LEGISLATURE

PROPOSITION DE RESOLUTION

Visant à introduire une cérémonie du souvenir dans les programmes scolaires des collèges et lycées de France

Présentée par Alexandra MARTIN

Députée des Alpes-Maritimes

Députés cosignataires

Éric PAUGET, Pierre CORDIER, Josiane CORNELOUP, Nicolas RAY, Ian BOUCARD, Stéphane VIRY, Michel HERBILLON, Jean-Yves BONY, Hubert BRIGAND, Jean-Luc BOURGEAUX, Christelle D’INTORNI, Emmanuelle ANTHOINE, Fabrice BRUN, Philippe JUVIN, Virginie DUBY-MULLER, Nicolas FORISSIER, Isabelle VALENTIN, Philippe GOSSELIN, Fabien Di FILIPPO, Isabelle PERIGAULT, Francis DUBOIS, Vincent SEITLINGER, Sylvie BONNET, Jean-Pierre VIGIER, Véronique LOUWAGIE, Mansour KAMARDINE, Marc LE FUR, Nathalie SERRE, Yannick NEUDER, Éric CIOTTI, Emilie BONNIVARD.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

« Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir. Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. »

Cette phrase, prononcée par Simone Veil le 26 novembre 1974 à l’Assemblée nationale, est toujours d’actualité cinquante ans plus tard.

Alors que la notion même de citoyenneté connaît de profonds bouleversements, la jeune génération aspire toujours à s’engager et est prête à s’impliquer à travers les nombreuses possibilités d’engagement citoyen volontaire existantes.

Cependant, même si, comme Simone Veil, je pense sincèrement que notre jeunesse est courageuse et qu’elle serait capable de sacrifices comme l’ont été les générations précédentes, l’école doit rester le creuset de la formation à la citoyenneté et au devoir de mémoire.

Se construire en citoyen Républicain est un parcours quotidien qui doit permettre à chaque jeune d’appréhender, à chaque instant de sa vie sociale, familiale et éducative, ce qui fait l’essence même de notre pays, c’est-à-dire la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Et quoi de plus universel que l’école pour y parvenir ?

Parce que le devoir de mémoire est une des composantes essentielles du sentiment d’appartenance à la Nation, nous adultes, parents, élus, acteurs de la vie locale, anciens combattants, membres d’associations patriotiques, avons donc un rôle pédagogique essentiel à jouer pour transmettre aux plus jeunes la mémoire utile à la compréhension de l’histoire de notre pays et leur faire prendre conscience que nos morts pour la France ne sont pas tombés en vain.

Si de nombreux partenariats existent pour renforcer la survivance de la mémoire entre les établissements scolaires et les organisations mémorielles, ces initiatives restent malheureusement peu développées.

Or, pour que le jeune public comprenne le sens de la commémoration et y participe activement, un véritable travail de fond mérite d’être engagé et généralisé à tous les collèges et lycées de France. La participation aux cérémonies commémoratives doit rester un axe fort de l’enseignement civique et historique.

Cette proposition de résolution invite donc le Gouvernement à inscrire, dans le programme scolaire des établissements du secondaire, l’organisation obligatoire d’une cérémonie du souvenir afin que tous les élèves des collèges et lycées français soient sensibilisés au devoir de mémoire, de citoyenneté et de fraternité. Cette commémoration, qui serait l’aboutissement d’un long travail de recherches historiques, aiguiserait un véritable sentiment d’appartenance à la Nation, socle inéluctable d’une cohésion nationale retrouvée. 

Proposition de Résolution   

Article 1

 L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34‑1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,

Considérant que le devoir de mémoire est une des composantes essentielles du sentiment d’appartenance à la Nation,

Considérant que l’histoire des conflits et la transmission mémorielle qui en découle doivent être renforcées auprès de la jeune génération,

Considérant que l’Education Nationale constitue un levier indispensable de la politique de mémoire, de l’enseignement civique et historique auprès des jeunes adolescents,

Considérant que la notion même de citoyenneté connaît de profonds bouleversements et que le lien entre la jeunesse et la Nation doit être retendu,

Considérant que des partenariats entre les établissements scolaires et les organisations mémorielles doivent être favorisés pour y parvenir,

Invite le gouvernement à mettre en place, dans les programmes scolaires des collèges et lycées, une cérémonie obligatoire du souvenir des combattants et des victimes civiles ou militaires des différentes guerres ayant vu la participation de la France.

 

 

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