Je n’ai pas voté la confiance à François Bayrou

La confiance, c’est croire en quelqu’un ou en quelque chose. Je n’ai jamais cru en Emmanuel Macron, et je ne crois pas davantage aux propositions, simulacre de rigueur, de François Bayrou pour le futur budget.

Le macronisme a profondément abîmé la France : nos comptes publics sont dans le rouge, notre école est fragilisée, notre sécurité jusqu’à l’arrivée de Bruno Retailleau a été un angle mort, notre justice est à bout de souffle, notre système de santé est en crise, notre politique migratoire est hors de contrôle, et notre démocratie s’est éloignée des citoyens. Mais surtout, il a brisé le lien de confiance entre les Français et leurs représentants politiques. Ce lien, déjà fragilisé, a été piétiné par des années d’atermoiements, d’arrogance technocratique et de décisions hors-sol.

A juste titre Le 1er ministre évoque dans sa déclaration de politique générale un « pronostic vital engagé », sans jamais en endosser la responsabilité.

Dans ce contexte, comment accorder aujourd’hui la confiance à un homme qui, avant même de discuter avec les formations politiques, demande un blanc-seing pour appliquer ses orientations budgétaires ? Ce n’est pas ainsi que l’on restaure la démocratie, ni la crédibilité de l’action publique.

Les Français attendent du débat, de la clarté, de la franchise. Dans ce contexte, demander un vote de confiance avant même d’ouvrir le dialogue avec les forces politiques du pays est une erreur grave. C’est nier le rôle du Parlement, mépriser la représentation nationale, et confisquer le débat démocratique.

François Bayrou a préféré l’ultimatum.

Si je partage nombre des constats dressés par le Premier Ministre sur l’état alarmant de nos finances publiques, je ne partage pas les remèdes qu’il propose, ni sa méthode. Je refuse que l’on culpabilise les Français. Et je refuse qu’on leur fasse porter la responsabilité d’une crise dont l’État est le premier artisan.

Des décisions courageuses devront être prises et en priorité pour baisser drastiquement les dépenses publiques en réformant profondément la matrice de l’Etat. Les premiers éléments du Budget Bayrou proposent + 28 milliards de dépenses publiques, + 15 milliards d’impôts dont la suppression de l’abattement de 10% pour les retraités … C’est inacceptable.

Nous devrons privilégier le travail à l’assistanat, baisser les cotisations des salariés, les charges et impôts de production des entreprises, lutter contre les fraudes sociales, relancer la natalité, instaurer une allocation sociale unique, affronter le coût de l’immigration, transformer l’AME en AMU notamment…

Pour toutes ces raisons, j’ai voté contre la confiance car refuser la confiance, ce n’est pas faire preuve d’irresponsabilité. C’est au contraire un acte de lucidité et de cohérence.    

Je veux aussi saluer le travail courageux engagé par les ministres LR présents dans le gouvernement démissionnaire. Ils ont chacun encore beaucoup à apporter à la France et aux Français.

Nous le ferons avec eux, avec Les Républicains et Nouvelle Énergie.

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