Le 3 février 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de résolution européenne n°2265 demandant la libération des prisonniers arméniens détenus par l’Azerbaïdjan. Cette résolution, déposée à mon initiative, affirme une chose essentielle : la France ne peut pas détourner le regard lorsque le droit international, la dignité humaine et la justice sont bafoués.
Depuis janvier 2025, seize prisonniers sont jugés à Bakou dans un procès politique, devant un tribunal militaire, en violation manifeste de tous les standards internationaux. Ces hommes ne sont pas des terroristes. Ce sont des symboles. Ce que l’on juge aujourd’hui, ce ne sont pas des faits, mais une identité, une mémoire, une existence politique.
Après l’offensive de septembre 2023 et l’exode forcé de plus de 100 000 Arméniens, l’Azerbaïdjan poursuit une entreprise d’effacement : détentions arbitraires, procès inéquitables, destructions du patrimoine culturel et religieux arménien. Il ne s’agit plus seulement d’un conflit territorial, mais d’une tentative d’anéantissement symbolique.
Oui, la libération récente de quatre prisonniers arméniens est un soulagement. Mais plusieurs dizaines d’autres restent détenus, certains déjà lourdement condamnés. Peut-on parler de paix durable quand des responsables civils sont pris en otage ? Peut-on parler de réconciliation quand la justice devient un instrument de vengeance politique ?
En tant que vice-présidente du groupe d’amitié France-Arménie, je le dis avec gravité : la France a une responsabilité particulière. Par fidélité à son histoire, mais surtout par fidélité à ses principes.
Cette résolution :
- affirme notre soutien aux populations arméniennes d’Artsakh chassées de leur terre,
- rappelle le droit au retour dans des conditions de sécurité garanties,
- condamne l’emprisonnement arbitraire des dirigeants de l’Artsakh,
- exige la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers arméniens détenus par l’Azerbaïdjan.
Ce vote unanime a été pour moi un moment fort. Il est l’occasion de renouveler, avec émotion et détermination, mon soutien indéfectible au peuple arménien.




